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Brexit, un an après

Il y a un an exactement, le peuple britannique choisissait souverainement de quitter l’Union européenne, par un vote très clair au référendum organisé à cette occasion, après un long et passionnant débat.

Nos voisins anglais ont une très ancienne et très féconde pratique de la démocratie. C’est dans cette tradition démocratique que s’inscrivent cette grande consultation ainsi que le strict respect de la volonté populaire après que les citoyens se sont exprimés. Nous avons pu souligner le décalage attristant qui existe entre ces saines méthodes d’un côté de la Manche, et celles, très contestables, qui ont cours de l’autre côté et qui consistent à ne plus organiser de référendum sur les questions européennes, ou, quand ils ont lieu, à en trahir le résultat par voie parlementaire.

La presse anglaise, plus diversifiée que la presse française, s’était divisée, s’engageant pour une partie derrière le Brexit, ou le rejetant pour une autre, mais avait laissé libre cours au débat extrêmement riche entre les citoyens britanniques. La presse française de son côté, avait quasi unanimement souligné les risques considérables qu’encouraient selon elle les Britanniques, mais aussi les autres peuples européens, à ce que le Royaume-Uni reprenne son indépendance. C’est aussi la presque totalité de la classe politique française, à commencer par l’ensemble des dirigeants de l’exécutif, ou de ceux des partis de droite et de gauche, qui avait à l’époque prédit le chaos en cas de départ de la Grande-Bretagne et avait allègrement choisi d’entretenir des peurs irrationnelles.

De très nombreuses analyses, appuyées par des considérations d’experts de toutes disciplines, aussi bien en France qu’au Royaume-Uni, expliquaient alors que le simple fait de voter pour le Brexit, avant même que celui-ci n’entre dans les faits, allait provoquer de grands désordres dans les économies britannique et européenne, et sérieusement compliquer les relations entre la Grande-Bretagne et les autres nations d’Europe. Chômage, récession, crise bancaire, ruine de la City, toutes ces catastrophes étaient promises aux Anglais qui ont malgré tout tenu bon face à ces mensonges, et choisi tranquillement de privilégier leur amour de l’indépendance et leur foi dans leur propre génie aux injonctions paralysantes des tenants du système.

Un an s’est écoulé depuis le référendum, et les négociations commencent pour formaliser le Brexit.
Le pouvoir britannique a pendant cette période fait preuve de ténacité, et s’est inscrit dans une volonté de respecter scrupuleusement la décision populaire de quitter l’UE.
Et, point essentiel, les prédictions alarmistes du système n’ont aucunement été confirmées par les faits. Le vote du Brexit n’a pas plongé le Royaume-Uni dans la détresse qu’on lui promettait. Au contraire. Tout semble indiquer que les acteurs économiques, tout comme le peuple dans son ensemble, ont vécu un choc de confiance, bien plus qu’ils n’ont eu à subir le choc de défiance qui leur était assuré du seul fait d’un oui majoritaire au départ de l’UE.

Quelques éléments très objectifs permettent de mesurer que le Royaume-Uni tient bon, et dépasse même assez largement les performances des autres pays toujours soumis aux dogmes européistes, et surtout toujours invités à ne surtout pas entamer de débat sur les bienfaits et les méfaits de l’appartenance à l’Union européenne, enfermés dans l’absence de dialogue à ce sujet, contraints de toujours éloigner le peuple de toute réflexion en la matière.
L’apocalypse annoncée est loin d’avoir eu lieu : la croissance britannique s’établit ainsi à 1,8% en 2016, soit près du double de la France. La dévaluation de la livre consécutive au vote a permis aux commandes industrielles de décoller à un niveau inédit depuis près de 30 ans. En 2016, la balance courante est même passée de -4,3% du PIB avant le référendum sur le Brexit à -2,4%, grâce à la dévaluation de la monnaie nationale et à la relance des exportations.
Le taux de chômage quant à lui est au plus bas depuis 1975 à 4,6%.

Répétons-le, par souci de la vérité, mais aussi pour bien faire comprendre que nous nous situons ici dans la même perspective que ceux qui agitaient à l’époque les perspectives de l’apocalypse : ces évolutions sont celles de l’économie d’un pays non encore formellement parti de l’UE, mais d’un pays qui s’est déjà libéré psychologiquement et politiquement du prêt-à-penser européiste. Nous mesurons ici les bienfaits d’un retour de la confiance : les Britanniques réussissent là où nous échouons, parce qu’ils ont déjà recommencé de croire en eux-mêmes, de s’appuyer sur leur génie national, sur les immenses capacités qui sont les leurs, plutôt que de s’en remettre fidèlement et aveuglément, comme nous continuons malheureusement en France toujours de le faire, à la grille de lecture européiste, la même qu’on nous impose depuis des décennies, et qui consiste à croire que rien n’est possible pour une nation libre et indépendante, fût-elle la France, cinquième puissance économique mondiale, en dehors de l’UE. En dehors de l’UE, point de salut. C’est ce que continuent de croire nos élites, c’est ce qu’on continue de sermonner aux Français, sur toutes les ondes, dans la bouche de tous les responsables politiques du système. C’est évidemment la voie sur laquelle s’engage le nouveau héraut du système dans notre pays, Emmanuel Macron. Comme si une nation indépendante, comme le sont tant de nations dans le monde, était une nation vouée à la solitude, à l’autarcie. Quelle caricature ! Quel mensonge éhonté, et pourtant si souvent répété !

Nous continuons de penser, avec les Britanniques, mais aussi avec une part considérable et croissante des opinions publiques européennes, qu’une autre Europe est possible et souhaitable. Une Europe fondée sur la coopération entre nations libres et indépendantes, que l’on laisserait miser sur leurs potentialités propres, et qu’on inviterait à coopérer souverainement dans les domaines où elles estiment qu’elles auront intérêt à le faire.

Cette perspective est celle à laquelle nous invite aujourd’hui le mouvement du monde : de Grande-Bretagne, mais aussi des Etats-Unis, souffle en cette période stratégique le vent d’un retour à plus de mesure dans la mondialisation, d’une maîtrise retrouvée des échanges internationaux, d’une mise à distance de l’ultra-libéralisme, et d’un coup d’arrêt aux migrations humaines massives et incontrôlées, qui sont le corollaire de la mondialisation sauvage, et qui entraînent tant de désillusions, de misère et de déstructuration des identités nationales.

Souhaitons bonne chance aux Britanniques dans les négociations qui s’ouvrent. Exigeons de nos dirigeants et des institutions européennes qu’ils ne s’abaissent à aucune forme d’esprit de revanche parce qu’un peuple a osé transgresser leurs dogmes. Et continuons de militer ardemment, en nous inspirant de la magnifique oeuvre de libération nationale qu’entame le Royaume-Uni, pour que le débat sur l’Union européenne puisse s’emparer des autres nations, à commencer par l’une de celles qui auraient le plus à gagner de la liberté recouvrée, la France.

Marine Le Pen

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